Atlaia

L’Empire perdu

L’Atlaia est une nation située au sein des Royaumes Noirs du sud. Elle est dominée par de sombres jungles luxuriantes au sud-ouest et couverte de velds et des savanes au nord et au sud-est. Les combattants atlaia sont grands et robustes. Leur culture est tribale. Les habitants de cette région sont décrits comme des géants parmi les tribus féroces des Royaumes Noirs du sud.

Famille et réputation

La famille est un concept important en Atlaia. La plupart des Atlaia auront une allégeance envers leur famille. Celle-ci est constituée non seulement de la famille nucléaire (parents et enfants), mais également les cousins, les tantes, les oncles et les beaux-parents. Si un conflit éclate au sein d’une famille, un groupe de membres de celle-ci est formé pour résoudre le problème. Les Atlaia préfèrent établir un consensus plutôt que de se débrouiller seuls. Le respect de la famille se poursuit même après la mort. Les clans pratiquent le culte des ancêtres et entretiennent souvent de petits sanctuaires qui leur sont dédiés. Leurs chamans et sorciers, nommés oloibon pensent tout particulièrement que leurs ancêtres guident leurs arts de guérison. Un Atlaia qui désavoue ses ancêtres est réputé maudit.

Respect et âge

La sagesse, qui n’est pas liée à la force mais à l’âge, est grandement estimée. Les vieilles femmes ont plus d’influence sur les gens que n’en auraient des guerriers aux armes ensanglantées. En Atlaia, on se pliera toujours aux avis et ordres de quelqu’un de plus âgé, ne serait-ce que d’un an à peine.

Initiation et classes d’âge

Les clans atlaia s’organisent par classes d’âge. Un nouveau groupe d’âge apparaît tous les cinq ans environ. Lorsqu’un individu évolue dans cette classification, tous les membres de sa classe font de même. On ne retient pas les dates de naissances réelles, pas plus, de fait, qu’on ne fête les anniversaires. Le développement physique et la maturité émotionnelle font office d’indicateurs de l’âge, et non des années réellement vécues. Les membres d’une catégorie d’âge ont généralement des expériences communes et des liens étroits. Chacune d’elles a ses propres traditions, rituels et histoires. Il existe douze clans principaux en Atlaia, chacun d’entre eux ayant ses propres spécificités en termes d’initiation.

Il est dit que les tribus seraient les gardiennes d’un empire si ancien qu’elles ne peuvent même pas le nommer. Elles sont divisées en douze clans majeurs. Ces clans sont les Adja, les Chama, les Jubar, les Kimambi, les Lupembe, les Mwezi, les Mzikima, les N’Goga, les Nyama, les Thulaban, les Ylaraba et les Zambah. Chaque clan est réparti en petites tribus et unités familiales, mais elles ont une identité culturelle commune. Les Atlaia ne se nomment pas en tant que membres d’une nation, mais ils s’identifient par leur appartenance clanique principale.

Adja

Les Adja sont plus curieux que violents, n’accordant guère plus qu’une légère suspicion à la plupart des étrangers. Ils sont connus pour leur étonnante propension à la pêche, leur superbe aptitude à fabriquer des canoës et leur impressionnante inclination à chasser les hippopotames. Les Adja élèvent du bétail et passent la plupart de leur temps à protéger leurs troupeaux et à trouver des terres où les faire paître.

Seuls ceux qui possèdent plus de quatre cents têtes de bétail portent des vêtements, avec une nette préférence pour une étole de couleur terre, décorée de perles et de pampilles. La qualité des perles, de même que la couleur des pampilles évoluent en fonction de la taille du cheptel possédé.Un chef propriétaire plus de mille têtes de bétail ornera son vêtement de pampilles rouges pour indiquer son pouvoir.

Un roi traditionnel règne sur l’Adja, même s’il ne détient que peu de pouvoir. C’est un descendant d’une ancienne lignée de rois atlaia. Il conservera son titre jusqu’au jour où l’empire sera restauré.

Chama

Les Chama d’Atlaia constituent le plus prospère des douze clans. Ils vivent autour d’un grand volcan supposé être de mauvais esprits. Ceux qui gravissent cette montagne ne reviennent pas, ou alors, défigurés. Cette terre volcanique est très fertile. La terre natale des Chama subit de fréquentes précipitations, mais la température n’est pas aussi élevée que dans les velds et les plaines de l’autre côté des montagnes Ogun. Les Chama ont appris à tirer parti de cette fertilité pour cultiver des bananes, des ignames, des haricots et du café, dont ils font un commerce important avec le Zembabwei et l’Iranistan. Il pratiquent la culture en terrasses, sur les flancs montagneux. Ils utilisent de la bouse de vache pour fertiliser leurs champs et disposent d’un système d’irrigation étonnant pour leurs villages et leurs champs, exploitant l’eau des profondes gorges de la montagne. Au-delà des montagnes, de vastes forêts d’ébène s’étendent sur leur territoire.

Les Chama ne sont pas une tribu unie. Ainsi, les conflits entre clans sont fréquents, tout comme le vol de bétail. Certains chefs tentent d’en dominer d’autres, cherchant à obtenir des tribus des clans et communautés moindres. Des intermédiaires Kimambi sont chargés de la plupart des échanges commerciaux entre les différentes communautés Chama.

Jubar

Les Jubar vivent à l’ouest des monts Ogun, dans une région très boisée du centre de l’Atlaia. Ils se méfient généralement des étrangers, restant prudents face à l’inconnu. Les Jubar ont un niveau d’hygiène particulièrement bas, proche de celui des Darfaris. Ils se tatouent des motifs circulaires autour des yeux, leur conférant une apparence particulière. Ils se déplacent en fonction des besoins de leur bétail. Ils font un commerce important avec les Lupembe, mais ont de fréquents conflits avec les tribus voisines.

Les Jubar sont considérés comme le clan atlaian le plus efficace en termes de rituels d’appel de la pluie. Ils pratiquent également la divination.

Redoutables combattants, les Jubar sont en conflit quasi permanant avec les M’goga et les Yaraba. Les jeunes hommes doivent prouver leur férocité en tuant au moins un ennemi avant d’être considérés comme des combattants. Cet ennemi doit être un homme, mais pas un membre de la tribu, ou un animal dangereux.Ils n’aiment pas cultiver le grain, ils s’en fournissent en échangeant du bétail avec les Mzikima. Cette relation économique induit un accueil courtois entre les deux tribus.

Kimambi

Les Kimambi sont des commerçants que l’on retrouve partout dans l’Atlaia, bien que leur véritable patrie se trouve dans sa zone sud-est aride. Ils jouent souvent le rôle d’intermédiaires dans les échanges commerciaux tribaux. De nombreux Kimambi, par exemple, engagent des guerriers et des négociateurs mercenaires pour accompagner la transhumance semestrielle de bétail entre le territoire des Lupembe et des Jubar.

Des réfugiés zambah s’installent en territoire kimambi, fuyant la machine de guerre des Nyama. Si de nombreux Zambah artisans sont accueillis convenablement par les Kimambi, créant des masques et d’autres marchandises pour les échanges, d’autres, qui n’ont pas de compétences particulières, deviennent des préoccupations gênantes.

Lupembe

Les Lupembe sont réputés pour être d’excellents sorciers et guérisseurs. Trois sociétés magiques connues organisent des compétitions de danse, pour prouver leurs pouvoirs. L’une d’elles utilise régulièrement des pythons, des hyènes, des porcs-épics et d’autres bêtes sauvages dans ses danses, confirmant qu’elle les maîtrise parfaitement. Les membres de la seconde sont tristement célèbres pour avoir la capacité de prendre des formes animales durant la nuit. La troisième est réputée se déplacer à dos d’animaux sauvages la nuit. Elles ont toutes des compétences de guérison et il est dit que tous leurs membres sont des charmeur de serpents. La majorité de leurs danses impliquent des serpents vivants, ceux-ci s’enroulent autour du corps nu des exécutants, faisant ainsi office de costumes vivants et sinueux. Leur habileté avec ces reptiles en fait une cible privilégiée des raids d’esclavagistes stygiens.

De nombreuses tribus voisines troquent du bétail avec les Lupembe, contre de la viande ou le droit de chasser sur leur territoire. Les N’Goga sont leurs principaux partenaires commerciaux, en raison de l’aridité de leurs terres. Les sorciers lupembe sont incapables d’influencer la météo, ainsi, deux fois par an, ils offrent du bétail aux faiseurs de pluie jubar, pour qu’ils s’en chargent pour eux.

Mwezi

Il y a environ 150 clans Mwezi dans le sud-ouest de l’Atlaia. Les Mwezi sont légèrement plus petits que l’Atlaia moyen, ayant été fortement métissés avec des tribus des profondes forêts tropicales continentales. Ce sont les gardiens de la forêt tropicale d’Olu-Igbo et des prairies environnantes. Ce sont des chasseurs, qui emploient du poison, de préférence à diffusion lente. Herboristes chevronnés, ils connaissent la majeure partie des poisons se trouvant sur leurs terres.

A l’inverse des autres Atlaia, les Mwezi ne s’occupent pas de leur propre bétail. Ils laissent cette tâche à des esclaves ou engagent des membres d’autres tribus, généralement les Kimambi. Ils s’adonnent à une importante traite des esclaves, trouvant la plupart d’entre eux lors de raids sur les tribus voisines. Une route commerciale majeure traverse leur territoire. Les Mwezi font également le commerce de l’ivoire, allant jusqu’à Turan au nord et Vendhya à l’est.

Mzikima

Les Mzikima sont un clan de musiciens, comptant plus de 200 communautés. Ils sont connus pour leurs rituels musicaux élaborés et pour la qualité exceptionnelle de leurs instruments. Les étrangers les considèrent comme la tribu atlaia la plus morale. La plupart d’entre eux observent un code d’honneur barbare. Les Mzikima croient que les personnes malfaisantes et immorales ne deviennent pas des esprits gardiens, n’apparaissent pas en rêve ou ne voient pas leur nom transmis à leurs descendants, mais sont au contraire relégués aux oubliettes pour l’éternité. En dehors des atours des danses rituelles, ils sont peu à l’aise lorsqu’ils portent des vêtements. Ainsi, ils sont très fréquemment nus.

De jour comme de nuit, on peut entendre de la musique dans leurs villages. La majorité des événements de la vie d’un Mzikima sont illustrés en musique. On en joue pour consoler les gens, pour les féliciter, pour les guérir, pour les purifier, pour les accueillir, pour les courtiser et lors des combats. On en joue lors des fêtes, des travaux, des divinations, des compétitions et pour mille autres raisons. Les tambours, le nyatiti et le chant sont populaires. Chaque village ou communauté a son propre style de musique, en fonction de son mode de vie et de ses habitudes. Comme pour les autres tribus Atlaia, la danse est également importante. Les danses des Mzikima sont particulièrement élégantes et charmantes.

Le mariage est très important pour les Mzikima. Il est presque impossible d’être célibataire. Ceux qui ne sont pas mariés plusieurs années après avoir été nubiles sont rejetés par le village et considérés comme immoraux.

La plupart des oloibon des Mzikima ne sont pas des sorciers. Ceux qui le sont pratiquent la divination et la magie de la pluie. Comme pour la plupart des oloibon atlaia, ils font de l’herboristerie, la guérison et le conseil leurs activités principales. Ils préfèrent échanger des céréales avec le peuple Jubar en échange des rituels de leurs faiseurs de pluie.

Les Mzikima sont plus agraires que la plupart des tribus de la région. Ils sont doués pour la culture des céréales, mais leurs besoins en bétail les amène à échanger du grain pour en obtenir. Ils sont en conflit avec les Yaraba, qu’ils craignent autant qu’ils les détestent.

N’Goga

Les N’Goga vivent dans l’une des régions les plus arides d’Atlaia. Certains attribuent ce manque de pluie à leur conflit avec les Jubar, d’autres disent que la terre a toujours eu soif de plus d’eau. Les N’Goga sont des bergers, vivant de la chasse et de la cueillette. Les communautés sont presque nomades, se déplaçant fréquemment. Leurs troupeaux sont généralement de petite taille, ce qui les place parmi les clans les plus pauvres. Les N’Goga sont perçus comme grossiers par les civilisés et sont considérés comme les esclaves les plus insolents et les plus lâches. En réalité, ils sont très curieux et, bien qu’ils aient l’air féroce du fait de leur mode de vie rude, ils sont assez proches des étrangers. Ils restent toutefois méfiants à l’égard de certaines tribus, comme les Jubar et les Yaraba. La plupart des N’Goga ont un code d’honneur barbare et veillent immédiatement aux besoins physiques des étrangers pacifiques, les accompagnant à travers leur territoire, leur offrant ainsi leur sécurité.

Bien qu’ils aient des chefs comme les autres Atlaia, ce sont leurs oloibon et leurs sorciers qui les guident. Les chefs tribaux perçoivent des taxes et des tributs sur la nourriture et l’eau, les ressources les plus rares du territoire des N’Goga. Les sorciers maîtrisent la pluie, la fertilité de la communauté, la magie de la protection, la guérison et les sources d’eau les plus fiables. Bien qu’ayant un pouvoir impressionnant, ils ne sont pas autorisés à quitter les terres des N’Goga et sont mis à mort s’ils le font. Si un sorcier part, qui apportera la pluie et protégera la communauté ? Craignant la réponse à cette question, le peuple leur interdit purement et simplement de s’en éloigner. Cette injonction est si profondément ancrée dans leur esprit que même si un sorcier devait quitter les terres contre son gré, sa seule obsession serait d’y revenir.

Les N’Goga font un commerce intensif avec les Mwezi, permettant à ces derniers de chasser les éléphants sur leur territoire, en échange de bétail et d’autres biens. La chasse à l’éléphant fait souvent intervenir des chasseurs des deux tribus, mais si le groupe de chasseurs est entièrement composé de N’Goga, l’ivoire est conservé pour être échangé ultérieurement avec les Mwezi. Les N’Goga sont très méfiants à l’égard des Yaraba, car ils craignent qu’ils ne leur volent du bétail. Ils se méfient également des Jubar, convaincus que ce sont les sorciers de ces derniers qui leur volent leur pluie. Les Nyama passent par leur territoire pour se rendent aux anciennes ruines et en revenir, aussi les N’Goga les laissent généralement procéder.

Les N’Goga sont des combattants défensifs et n’entreprennent que rarement des guerres d’agression, même contre les traîtres Jubar et les Yaraba détestés. Il arrive qu’un groupe de N’Goga pille le bétail d’un autre, mais ils utilisent surtout leurs armes pour défendre leurs propres petits troupeaux.

Les N’Goga n’ont que peu ou pas d’intérêt pour les anciennes ruines qui se trouvent dans leur pays. Ils savent que ces sites sont sacrés pour le peuple Nyama, alors ils laissent ces ruines tranquilles afin de ne pas offenser les visiteurs Nyama et de ne pas déclencher une guerre. Mais ils conduisent volontiers les étrangers jusqu’à celles-ci. S’il n’y a aucun Nyama sur place, un guide N’Goga ou un vagabond peut même explorer une ruine si l’envie lui en prend.

Nyama

Les Nyama sont connus principalement pour deux motifs. Premièrement, ils ont la mainmise sur la plupart des minerais de fer présents dans les montagnes Ogun. Deuxièmement, bien que disciplinés, ce sont les Atlaia les plus agressifs et belliqueux. Ce sont typiquement des maîtres forgerons, forgeant la grande majorité des armes des lanciers d’Atlaia. Même le Zembabwei, qui se trouve à proximité, importe du fer nyama, généralement par l’intermédiaire des Kimambi. Quant à eux, les Nyama se fournissent principalement auprès des Chama, troquant du fer avec eux, pour armer leurs troupes pour mener des raids et des guerres entre tribus.

Les Nyama forment la tribu la plus arrogante et la plus confiante d’Atlaia. La guerre y fait la gloire t la vie, à plus fortiori dans les basses terres. Combattre est la raison d’être de chaque homme. Les Nyama des hautes terres se concentrent davantage sur l’extraction du fer dans les montagnes Ogun, mais les combats y font aussi couler beaucoup de sang. Ils sont de loin les Atlaia les plus disciplinés militairement. Chaque homme adulte est un guerrier. Ils se considèrent comme les véritables héritiers de l’ancien empire Atlaia. Leur culture est plus unifiée que partout ailleurs en Atlaia, ils sont dotés d’un fort sentiment d’identité victorieuse. Les Nyama ne font pas de bons esclaves, ils sont tout simplement trop agressifs et trop fiers pour cela.

Contrairement aux autres tribus d’Atlaia, les Nyama ont un gouvernement centralisé, qui se concentre sur la reconstruction d’un ancien empire. Leur roi pousse lentement son empire grandissant vers le sud, en conquérant les fermes et les villages Zambah, qu’il tient par la force brute. Les Nyama n’assimilent pas les Zambah, ils les anéantissent sur leur passage. La volonté du roi est la seule autorité reconnue par les Nyama. Il maintient une puissante force armée, dont les membres sont si bien entraînés qu’ils peuvent être considérés comme des soldats professionnels. Chaque enfant Nyama mâle est envoyé à la capitale, Itinga après sa circoncision, pour être formé aux arts de la guerre par ces impressionnants guerriers. Les villages sont administrés par un ancien.

Des femmes esclaves, butin de guerre donné à des hommes importants, effectuent la grande majorité des tâches. Leur nombre détermine le statut de leur maître. Certains en ont jusqu’à vingt. Si aucune d’entre elle n’est disponible, il incombe à la ou les épouse(s) d’un homme de besogner. Les Nyama ont une telle foi en eux-mêmes et en la force de leurs bras que les oloibons ont un rôle bien moindre que dans les autres sociétés atlaia. Ils parlent au monde des esprits et aux orisha, mais ne sont pas particulièrement puissants. Les sorciers Nyama sont plus enclins à tenter de commander les esprits qu’à négocier avec eux.

Les Nyama estiment que les ruines de l’ancien empire sont leurs et qu’ils sont en droit de les garder et les honorer. Ce sont des sites sacrés pour eux, ainsi, ils perçoivent toute intrusion comme une offense. Même le fait pour un étranger d’émettre le souhait de s’y rendre est considéré comme un sacrilège et un tabou. Nombre de communautés sont prêtes à tuer les étrangers qui manifesteraient un intérêt excessif pour les ruines d’Atlaia.

Thubalan

Les Thulaban sont un peuple en déclin, attaqué au nord par les Chama, à l’ouest et au sud par les féroces Nyama et à l’est par les tribus zembabweiennes Mazwei. Descendants des Mazwei du Zembabwei, les Thulaban ont un style bien plus colorés et portent plus de bijoux que leurs ancêtres. Ils arborent des étoffes multicolores et de larges disques ornés de perles entourent leur cou. Le rouge, symbole du pouvoir est leur couleur préférée. Les garçons prouvent leur virilité et leur bravoure en se scarifiant au moyen de lames de lance chauffées à blanc et des fers chauds. Un homme qui ne porte pas de cicatrice, quelle que soit sa race, est perçu comme un lâche. A l’image des autres tribus d’Atlaia, les Thulaban ont des danses pour pratiquement tous les événements de la vie, mais ils n’utilisent presque jamais d’instruments, même pas de tambours. La plupart de leurs danses comportent des sauts et des acrobaties. Ils participent à des concours basés sur leur capacité à sauter, en particulier des sauts verticaux depuis une position debout.

Les terres des Thulaban, presque entièrement constituées de forêts tropicales, sont probablement les terres les plus fertiles de l’Atlaia, n’ayant de rivales que les terres des Chama. Les Thulabans attribuent la luxuriance de leur territoire à l’abondance des esprits de l’eau et des orisha qui y vivent. Pour eux, l’eau est un symbole de guérison et de santé et ils considèrent que toute terre manquant d’eau est malsaine. Tout ce qui provient de l’eau, comme les plantes aquatiques ou les poissons, est perçu comme magique et utilisé pour guérir ou faire du mal.

Les Thulaban sont des agriculteurs. Ils gardent des troupeaux de bétail mais ne les déplacent pas de façon semi-nomade. Ils s’intéressent davantage à la culture des plantes. Les Thulaban évitent les anciennes ruines qui parsèment le paysage de leur pays, les pensant hantées et maléfiques. Pourtant, ils se considèrent comme leurs protecteurs repoussent souvent violemment quiconque tenterait de troubler la paix de ces sites.

Yaraba

Les Yaraba sont hostiles envers les étrangers, devant souvent défendre leurs territoires d’attaques zembabweiennes. Les Yaraba sont le clan établi le plus au nord d’Atlaia. Ils sont fréquemment en conflit avec les Adja, leurs voisins du sud. Ils pensent que tout le bétail du monde leur appartient et ne se gênent donc pas pour récupérer ce qu’ils estiment être leur bétail auprès d’autres tribus. Ainsi, ils ne considèrent pas cet acte comme un pillage ou un vol, mais comme la revendication de quelque chose qui leur appartient déjà. Chaque groupe d’âge est mené par un guerrier choisi par les autres membres du même groupe. Ce chef reçoit le titre de chef de guerre.

Comme les Thulaban, les Yaraba portent également des bandes de coton, teintes généralement en rouge, excluant la majorité des autres couleurs, à l’exception du bleu qui est également plébiscité. Les Maswei portent également de grands anneaux aux oreilles. Plus un Yaraba est riche, plus le rouge dominera dans ses vêtements et ses bijoux. Presque tous les mâles Yaraba se font arracher une incisive, afin de pouvoir produire un sifflement perçant leur permettant de contrôler leur bétail.

Les terres des Yaraba sont majoritairement couvertes de prairies et de quelques régions boisées. C’est un peuple semi-nomade, qui déplace ses maisons et ses villages de temps à autre, pour suivre son bétail. Une fois que les bêtes ont brouté une terre défrichée, elles migrent vers des pâturages plus verts.

Zambah

Les Zambah vivent dans la partie sud d’Atlaia. Ils sont connus pour leurs cicatrices faciales, leurs sculptures en bois complexes et magnifiques et leurs danses nocturnes masquées, exécutées au rythme de puissants tambours syncopés. Ils sont également considérés comme de féroces combattants, résistant aux esclavagistes depuis des générations. Ceux qui connaissent bien la région évitent les terres des Zambah, qu’ils considèrent comme peu rentable, voire mortellement dangereuse.

À la différence de la plupart des tribus d’Atlaia, les Zambah ont une structure matrilinéaire, ainsi ce sont les époux qui s’installent dans les maisons et les villages de leur femme. Ils se distinguent aussi en scarifiant, décorant et tatouant rituellement leur visage et leur corps d’étranges motifs délicats. L’ornement facial distingue l’enfant d’un individu d’âge adulte.

L’art et l’artisanat sont importants pour les Zambah. Ils travaillent l’ébène, créant la plupart de leurs œuvres à partir d’une seule pièce de bois. Ils sont capables de représenter presque tous les motifs, même les plus complexes, figurant des groupes de personnes, des animaux et des orisha. Leurs masques sont célèbres dans tous les Royaumes Noirs et sont particulièrement puissants. Leurs gourdins en ébène sont également très demandés, car ils ne se cassent pas facilement.

Les Zambah, en particulier les oloibon, sont des danseurs chevronnés. La danse sur échasses y est pratiquée, tout comme la danse masquée pour éloigner le mal. Les Zambah créent souvent des masques corporels en ébène, qui peuvent être de forme masculine ou féminine, pour accompagner leurs masques faciaux. Pendant les danses, ils font vibrer leur corps en se déplaçant au rythme des tambours omniprésents. Les danseurs masculins portent généralement des pagnes en fibres, décorés de clochettes et d’osselets, qui résonnent pendant qu’ils s’agitent frénétiquement. Alors que les hommes masqués dansent furieusement au centre, des rangées de femmes célibataires nues les entourent, ne bougeant que la tête, les épaules et les bras dans une danse lente, presque érotique. Les danseurs et les danseuses ont le corps huilé afin de mettre en valeur leur tonus musculaire et leurs cicatrices corporelles.

Vêtements, coiffures et ornements

A l’instar des autres tribus des Royaumes Noirs du sud, bon nombre d’Atlaia sont fréquemment nus, bien que certaines tribus, comme les Adja, les Thulaban et les Yaraba, portent des étoles ou des pagnes. Les Jubar ne portent généralement de vêtements que lors des cérémonies. À ces occasions, ils portent des écharpes perlées nouées autour du cou et drapées sur une épaule, avec de longues franges de cuir perlé tombant dans leur dos, bougeant au rythme de leurs danses. Les Mzikima portent des pagnes en fibres, des colliers et des ceintures ornés de perles lors des cérémonies et des danses. Les hommes d’une certaine richesse portent des peaux d’animaux sur l’épaule ou autour de la taille. Les femmes mariées d’Atlaia portent un élément bleu. Les coiffes en plumes d’autruche et d’aigle sont courantes.

Les Atlaia aiment les bijoux, parant leur nez, leurs oreilles ou leurs lèvres d’anneaux d’ivoire ou de métaux précieux. Les bijoux en perles sont également populaires et se portent autour du cou, aux poignets, aux chevilles et même aux oreilles, dont les lobes sont souvent étirés par le poids des bijoux. Ce type d’oreilles sont perçues comme attrayantes partout en Atlaia. Ainsi, de nombreuses tribus utilisent des écarteurs pour augmenter la taille de leurs lobes. Les perles vendhyennes sont très appréciées et demandées lors des échanges commerciaux. Les femmes de Jubar portent souvent de nombreux brassards en laiton. Les bracelets de cheville médicinaux créés par les oloibon et des femmes âgées sont très populaires, ils sont supposés empêcher les grossesses.

L’ornementation corporelle va bien au-delà du simple bijou. De nombreuses tribus d’Atlaia ornent leur corps de manière plus explicite, par le biais du tatouage ou de la scarification. La plupart des Atlaia jugent les cicatrices de brûlures très belles. Ainsi, ils appliquent des morceaux de métal chaud sur le haut de leurs bras, leurs cuisses et leur poitrine, pour créer des motifs de tissu cicatriciel. Le tatouage des Jubar trace des motifs circulaires autour des yeux, ce qui leur donne un aspect caractéristique de raton laveur. Les Thulaban sont particulièrement attachés aux cicatrices, considérant qu’un homme qui n’en a pas est un lâche. Les Zambah possèdent les scarifications et les tatouages les plus artistiques. Les Lupembe ornent fréquemment leurs lèvres d’écarteurs.

Après qu’ils aient été nommés, on rase généralement la tête des Atlaia, à l’exception des guerriers et des femmes qui ne peuvent pas enfanter. Les guerriers d’Atlaia ont les cheveux longs, tressés et colorés à l’ocre rouge. Lorsqu’un guerrier devient un jeune aîné, sa tête est à nouveau rasée, lors de sa cérémonie d’initiation.

Rôle des genres

Partout en Atlaia, l’homme est le maître du foyer et de la famille. C’est particulièrement vrai chez les Nyama et nettement moins chez les Zambah. Les hommes et les femmes ont des rôles particuliers à tenir, quelle que soit la tribu. Le lion est particulièrement symbolique du pouvoir. La vie des Atlaia est similaire à celle de ce félin. Tout comme la lionne chasse pour son mâle, la femme travaille pour époux. Les hommes érigent traditionnellement les murs autour de la propriété familiale, mais tous les autres travaux de construction sont effectués par les femmes et les enfants. L’homme est propriétaire de tout ce que sa ou ses femmes apporte(nt) à la famille. On présume que les femmes sont sources de sagesses, ainsi, leur mari est supposé les écouter. Il est attendu des femmes qu’elles aient des enfants. Celles qui, arrivée à l’âge adulte, n’en ont pas, sont la risée de tous. En termes de vie de famille, les pères sont le symbole de l’autorité, alors que leurs épouses ont une relation plus complice avec leurs enfants, qui en font leur confidente. On peut résumer la répartition des tâches comme suit. Les hommes se chargent des lourdes tâches, mais de manière occasionnelle. Les femmes, quant à elles, s’attellent quotidiennement aux corvées banales, répétitives et routinières.

Propriétés

En comparaison des autres peuples des Royaumes Noirs, les Atlaïa détiennent une quantité considérable de biens. Les femmes sont traditionnellement propriétaires de leurs bijoux et de leurs vêtements et les hommes possèdent tout le reste, femmes et enfants inclus.

Terres

La terre ne peut être ni achetée ni vendue, car elle appartient au peuple. Chez les Nyama, cependant, toutes les terres appartiennent au roi, mais le peuple peut en faire usage librement, à l’exception de transactions d’achat ou de vente. Les anciens sont en charge de la résolution des conflits fonciers. En cas d’échec, une bataille met généralement fin à l’affaire, d’une manière ou d’une autre.

Troupeaux

Les tribus d’Atlaia sont en majeure partie composées de bergers, qui élèvent des troupeaux de bovins, de chèvres et de moutons. Ces troupeaux, qui sont une mesure de la richesse et du statut, ont une importance vitale pour toute famille. Chaque élément issu d’un animal, même ses excréments, a un but et un usage. S’il ne s’agit pas d’une utilisation pratique, les générations passées en auront défini un usage rituel.

Habitations

Les hommes ne vivent généralement pas avec leurs épouses et leurs enfants, c’est pourquoi ils vivent dans des propriétés constituées de plusieurs bâtisses entourées d’un enclos circulaire. Les bovins, les chèvres et les moutons sont élevés au centre de ce dernier. Il est fait de buissons épineux tressés pour créer une épaisse clôture.

Les Atlaia du nord et du sud-est vivent dans des huttes de chaume et de roseaux, construites sur des fondations en pisé enfoncées dans la terre, afin d’y maintenir une relative fraîcheur lors des étés brûlants. Les huttes ont une forme de dôme elliptique.

Armes

Les Atlaia s’arment principalement de lances d’environ 1,80 m de long, dotées d’une grosse pointe métallique à une extrémité et d’un pieu aiguisé à l’autre. Sa lance est le bien le plus précieux que possède un guerrier. Les jeunes guerriers ont des lances avec des manches en bois clair, le manche de celles des guerriers plus âgés est fait d’ébène.

Les combattants utilisent également un genre de machette. Il s’agit d’une épée courte à bout droit ou arrondi, souvent plus large à sa pointe qu’à la garde. Habituellement, seuls les guerriers les plus anciens possèdent ce type d’arme.

Les Atlaia portent également des gourdins de guerre en ébène ou en bois dur sculpté, à l’extrémité coudée ornée d’une grosse boule. Leurs haches, similaires aux gourdins, disposent d’une lame métallique en prolongement de la boule. Les arcs et les flèches sont utilisés pour la chasse.

Esclaves

Des esclaves sont détenus par la majorité des peuples d’Atlaia. Les Nyama sont connus pour leur recours au travail des esclaves. La notion d’esclavage fait partie de la vie dans les Royaumes Noirs. Bien qu’ils soient souvent capturés en faisant usage de la violence, les esclaves ne sont pas de simples biens, mais plutôt des serviteurs serviles. Ils peuvent travailler en autonomie et même gravir l’échelle sociale et se voir attribuer des postes à responsabilité. Certaines communautés vendent leurs indésirables à d’autres. En effet, il est plus rentable d’en faire des esclaves que de recourir à la peine de mort pour certains crimes. D’autres esclaves sont capturés lors de guerres ou de raids. A l’inverse des autres clans Atlaia, les Nyama et les Mwezi ne s’intéressent pas particulièrement à la traite des esclaves. Certains sont volontaires, choisissant l’asservissement provisoire en remboursement d’une dette. Les enfants d’esclaves sont généralement libres et considérés comme faisant partie du clan dans lequel ils vivent.

La plupart des esclaves sont utilisés comme porteurs et domestiques. L’agriculture n’étant pas très développée en Atlaia, rares sont les esclaves affectés à des activités agricoles intensives.Ils vivent et mangent généralement avec leurs propriétaires. Dans certaines régions, les esclaves peuvent servir de dot.

Statut social

Un individu n’aura un statut social qu’à condition d’être majeur et de posséder du bétail. Il devra également avoir été circoncis pendant son enfance. En effet, les femmes Atlaia se contenteront de se moquer d’un homme n’ayant pas subi ce rituel et ne voudront pas avoir affaire à lui, ce qui est mauvais pour son statut social. La taille du cheptel contribue grandement au niveau social, mais c’est l’âge qui le déterminera au final. Ainsi, une vieille femme est socialement plus puissante qu’un jeune guerrier qui possède beaucoup de vaches.

Afin d’améliorer son statut social, il est possible de partir chasser un lion armé uniquement d’une lance, la coiffe à tête de lion ainsi obtenue permettra une ascension sociale. Cette dernière est également possible par le biais d’une union favorable, par la possession de centaines de têtes de bétail, ou même par l’accomplissement d’actes remarquables.

Roi spirituel

Un étrange rituel annuel a lieu entre les douze clans d’Atlaia. Au début de l’été, les anciens choisissent un représentant pour se rendre à la pyramide d’Olorun. L’élu obtient le titre de prince, s’il n’en est pas déjà un, comme c’est le cas des Adja, par exemple, qui ont conservé une lignée royale. À la pyramide, le roi spirituel offre une couronne sertie de joyaux à chacun d’entre eux. Ils la ramènent dans leur clan et l’offrent à leur roi s’ils en ont un au sein de leur tribu. Pendant le reste de l’été, les nfumu wa ngokos (devins et voyants) ordonnent au prince de mener un groupe de combattants dans une bataille contre celui d’un autre prince. Le vainqueur remporte la couronne ornée de bijoux du perdant. À la fin de l’été, le prince qui aura obtenu les douze couronnes retourne à la pyramide d’Olorun et les offre aux supérieurs du clergé de Baolorun. Le responsable du culte fait alors de ce prince le nouveau roi spirituel d’Atlaia jusqu’à l’été suivant. Le clan du roi est considéré comme privilégié durant ce règne. Bien que les Nyama méprisent particulièrement ce rituel, ils sont les plus sanguinaires lors des combats.

Villages

Les villages Atlaia sont faits de petits domaines dirigés par les anciens. Chaque domaine est constitué d’un ensemble de huttes qui abritent le chef de famille, ses femmes, ses enfants et d’autres membres de la famille, le tout entouré d’une grande barrière d’épineux tressés, qui accueille également les troupeaux de la famille.

Manyatta

L’un des domaines, appelé manyatta, est spécifiquement réservé aux guerriers. Il peut y en avoir deux ou trois, pour accueillir les différentes classes de guerriers. Un manyatta compte 49 bâtisses, construites par les mères des guerriers dans un grand enclos circulaire. Chaque hutte dispose d’un lit pour le guerrier et d’autres pour ses femmes. Les guerriers scandent un bref chant en entrant ou sortant du manyatta. Il est interdit de consommer de la viande dans un manyatta, car les femmes ont interdiction de regarder les guerriers en manger.

Nyumba ya masamva

La plupart des villages réservent une propriété spéciale à leur oloibon, le chaman, appelée nyumba ya masamva. Elle est entourée d’une clôture dense créée par des haies d’euphorbe, qui sont cultivées pour leurs propriétés curatives. Bien qu’il se dit que si elle entre en contact avec les yeux, la douleur est telle des hommes se sont arraché les yeux pour ne plus souffrir. La propriété comprend différentes zones de guérison. Les consultations ont lieu dans un iduku, fait entièrement de chaume. Une autre bâtisse sert de lieu de divination, une autre au stockage des herbes et une troisième est consacrée à l’élaboration de remèdes et de samba. Les samba sont des fétiches créés par un oloibon pour attirer la chance. Réduits en poudre, certains en utilisent dans l’eau pour s’y baigner, d’autres mélange la poudre au liquide épais produit par certaines plantes, en faisant une lotion. D’autres encore en jette dans un feu, inhalant les émanations et les laissant pénétrer leur corps. Ces fétiches sont très populaires auprès des danseurs, avant leurs compétitions, mais n’ont aucun effet sur quelqu’un qui ne croit pas en leur pouvoir. Un oloibon ne peut pas fabriquer de samba pour lui-même.La dernière bâtisse est réservée aux esprits des ancêtres de l’oloibon.

Commerce et économie

L’économie des tribus d’Atlaia repose sur leur cheptel. En effet, bien que du commerce soit effectué pour les bêtes, les biens, les objets artisanaux et les esclaves, il incombe au final au troupeaux de subvenir aux besoins des clans et autres communautés. On ne négocie pas au moyen d’une monnaie, mais un système de troc est en place, les bêtes servant de mesure de valeur. Les bovins font office de devise, ils sont un moyen d’échange, une réserve de richesse et une mesure de valeur.

À l’exception de la garde des troupeaux et des raids, la plupart des occupations sont exercées par les femmes. En effet, les hommes estiment que ces tâches sont trop routinières et quotidiennes pour les intéresser. Elles sont potières, agricultrices ou jardinières, couturières ou porteuses d’eau. Les métiers liés à la sculpture sur bois, comme la fabrication de masques ou d’instruments, sont généralement exercés par les hommes, tout comme la forge et la fabrication d’armes. Les forgerons sont connus sous le nom de balongo et, puisqu’ils contrôlent le feu, on leur accorde une puissance presque identique à celle des sorciers traditionnels. D’ailleurs, de nombreux balongo sont des sorciers.

Armée

Les Atlaia résolvent les conflits par consensus ou par des combats. Dans les deux cas, il s’agit d’événements ordinaires et banals. Le combat est généralement le moyen privilégié pour acquérir de la main-d’œuvre et du bétail. Pour mener ces batailles à bien, les communautés Atlaia ont besoin de combattants. Chaque homme circoncis entre 10 et 14 ans sera un combattant jusqu’à l’âge de 30 ans environ, lorsqu’il devient un aîné. Ces guerriers protègent les communautés, entreprennent des raids sur le bétail, récupèrent le bétail volé et acquièrent des esclaves ou des ressources. Ils sont féroces et sans peur et sont connus pour s’emporter lorsqu’ils sont provoqués, un état de rage puissante, portant le nom d’emboshona.

Les guerriers se déplacent en formation serrée, portant leur coiffe à crinière de lion, brandissant un bouclier recouvert de peaux de girafe et une lance affûtée. Les plus puissants sont au centre, les plus rapides sur les côtés. Ils sont totalement impitoyables en situation de guerre ouverte, tuant sans remord quiconque se trouverait sur leur chemin. L’arc employé à la chasse, trouve rarement sa place au combat, à l’exception des Mwezi, qui empoisonnent leurs flèches. Mais même ces derniers préfèrent utiliser l’usage de la lance au combat, n’utilisant l’arc que sur les fuyards, considérés comme des proies à chasser comme des animaux. La force du nombre, la bravoure implacable et les tueries féroces priment pour les unités armées d’Atlaia.

Tout combattant d’Atlaia éventrera ses victimes au combat, pour s’assurer que leur fantôme ne vienne pas le hanter. Les étrangers qui assistent à ce rituel accusent souvent les Atlaia d’être cruels et de mutiler les morts.

Sorcellerie

La plupart des chamans et guérisseurs d’Atlaia ne sont pas des sorciers, mais certains ont effectivement du pouvoir. Tous prétendent en posséder, mais préfèrent avoir recours à des moyens non magiques pour atteindre leurs objectifs lorsque c’est possible. L’utilisation de la vraie magie exige de réels sacrifices et risque de bouleverser le monde des esprits. La plupart emploient donc des potions à base de plantes et des tours d’alchimie, préservant leurs véritables pouvoirs sorciers pour les situations d’urgence réelle. Les rituels jouent un rôle important dans la vie quotidienne des Atlaia, la plupart d’entre eux pratiquant des rites de base dans leur foyer, pour apaiser les esprits. La majorité des rituels sont honorifiques ou cérémoniels, et non magiques, et sont destinés à résoudre les difficultés immédiates de la vie. Pourtant, le peuple d’Atlaia est convaincu que des manifestations surnaturelles se produisent au cours de ces rituels.

Ngemi wa mbula (Faiseurs de pluie)

Les ngemi wa mbula sont des oloibon qui sont consultés au sujet de la pluie. Ils connaissent ses rituels, communiquent avec ses esprits et peuvent invoquer le temps, en plus des compétences de base en matière de guérison et d’herboristerie. Le peuple Jubar produit des ngemi wa mbula particulièrement puissants. Les faiseurs de pluie peuvent également appliquer un sort appelé kujila mbula.

Le ngemi wa mbula modifie la météorologie et fait pleuvoir dans l’heure suivant la fin du sort. Le type de pluie est typique pour la saison ou un peu plus intense. Un puissant ngemi wa mbula peut invoquer la pluie même dans des endroits éloignés, à l’aide d’un fétiche. Si ce sort est lancé pendant un orage, il met fin à la pluie ou l’amplifie, selon le souhait de l’oloibon.

Nfumu wa ngoko (Devins)

Les nfumu wa ngoko sont des oloibon que l’on consulte au sujet de l’avenir. En effet, ils savent lire les entrailles des poulets pour prévoir ce type de questions. Ces spécialistes n’ont pas besoin de connaître la date et l’heure de naissance d’un individu pour faire des prédictions astrologiques. Il leur suffit de disposer d’un poulet vivant à sacrifier.

Oloibon wa manga (Spiritualistes)

Les oloibon wa manga sont des oloibon qui sont consultés au sujet de la possession d’esprit. Ils sont capables de traiter avec le monde des esprits, de combattre les démons et de repousser les influences démoniaques.

Wanga (Sorciers, nécromanciens et démonistes)

Les wanga sont des sorciers, dont ont dit que ce sont des cannibales. Ils se présentent à la porte de quelqu’un, demandant à cet individu de les suivre. Si celui-ci le fait, elles le tuent et le dévorent. D’autres histoires prétendent que quiconque suit volontairement un wanga devient son apprenti. Leurs rituels et leurs danses prennent place sur les tombes des personnes récemment décédées. Généralement, ils déterrent et réaniment un cadavre pour pouvoir le tuer à nouveau et en manger les parties qu’ils n’utilisent pas pour leur vile magie. Cette capacité à relever les morts leur permet d’obtenir un fétiche puissant appelé ndondocha ou des esclaves morts-vivants, les mkovu. Des babouins font office de membres de leur famille et de serviteurs.

Irimu (Corrompus)

Ceux qui traitent avec des démons ou qui souffrent visiblement de corruption sont appelés irimu. Bien que nombre d’Atlaia soient convaincus que briser un tabou les corromprait,ce n’est pas le cas. Les êtres corrompus sont en proie au cannibalisme et une bouche pousse à l’arrière de la tête. Les irimu ne sont pas considérés comme humains par les Atlaia. Mais si l’expiation ou la purification permettre d’enrayer la corruption, on considèrera qu’ils ont retrouvé leur humanité.

Religion

De nombreuses croyances claniques sont dominées par les superstitions et la magie. Les cultes chamaniques coexistent avec celui des ancêtres et l’adoration des dieux et démons locaux. De nombreuses croyances religieuses sont en accord avec celles du reste des Royaumes Noirs, notamment en ce qui concerne la nécessité pour la communauté d’obtenir le pouvoir, la sécurité, la protection et la vie.

Cosmologie de base

Comme pour les Amazones, il n’existe pas de véritable cosmologie ni même de théologie fixe. Les Atlaia ont des événements religieux, des cérémonies et des mythes et quelques éléments de base tendent à exister. Ainsi, ils pensent que leurs ancêtres peuvent les influencer aujourd’hui. Ils croient en un monde d’esprits et que toutes les choses en possèdent.Leurs croyances sont fondamentalement animistes.

Funérailles et deuil

Lorsqu’un Atlaia meurt, le village veille à ce que son voyage vers les ancêtres soit effectué en toute sécurité et s’assure que chaque membre de la communauté surmonte cette perte. Pour atteindre ces deux objectifs, un rituel funéraire est observé. Le début du rituel est la période de deuil, appelée mtanga. Le mtanga dure trois jours, au cours desquels une vache est abattue et une fête est organisée en l’honneur du défunt. Tout le village participe au mtanga. Au cours de la fête, qui a lieu le troisième jour, le village parle du défunt, en mettant l’accent sur les aspects positifs de sa vie. On observe rarement un mtanga pour ceux qui étaient mauvais ou qui n’ont rien offert de bon à la communauté. Lorsque la fête est terminée, le mort est enterré selon des rituels anciens. De cette manière, le village maîtrise la mort et l’esprit du défunt est envoyé en toute sécurité dans l’au-delà, pour continuer à vivre dans la communauté des ancêtres. L’esprit perdure également dans sa communauté vivante, car on peut le retrouver dans les rêves et, si l’un de ses descendant reçoit son nom, il peut revivre.

Les défunts sont enterrés dans des bosquets sacrés dont les arbres ne sont jamais abattus ni brûlés. Même dans les prairies, les broussailles et les velds, on trouve des bosquets plantés de grands arbres, où les sépultures sont uniquement signalées par quelques poteries et un arc. Il est dit que les fantômes et les esprits s’y réunissent et festoient la nuit, car on peut entendre des tambours, mais sans les voir.

Mosima

Mosima est l’endroit où résident les fantômes et les esprits, un sombre village au fond des entrailles de la terre. Les vivants peuvent y accéder par des grottes ou des trous profonds. D’autres portes se trouvent dans de profonds gouffres montagneux. Les esprits sont généralement nostalgiques et veulent rentrer chez eux. Si les vivants se souviennent d’eux, ils ont une vie plus heureuse et ont droit à des troupeaux de bétail éternels. Le bétail commence à mourir lorsque les esprits sont oubliés par leurs descendants.

Vénération des ancêtres

La vénération des ancêtres assure la continuité de la communauté. On se souvient des membres de la famille par des offrandes de bouse de vache et de bière. La bouse de vache représente la richesse de la famille et la richesse de l’ancêtre. On pense que les ancêtres influencent les vivants, apportant le bien ou le mal selon leur humeur. S’ils sont continuellement honorés, ils accordent la prospérité et la bonne fortune. Si une famille manque à son devoir d’honorer le passé, alors la maladie arrive. Si un enfant est atteint d’une maladie mortelle, il peut être rebaptisé en l’honneur d’un ancêtre potentiellement offensé, déterminé par un devin.

Gouvernement

L’Atlaia n’est pas une nation unifiée sous l’égide d’un souverain, mais une zone sauvage occupée par un groupe culturel, comme la Cimmérie ou les Terres pictes. Il n’y a pas d’autorité centralisée. Les tribus sont autonomes, mais liées par le biais du commerce et de valeurs culturelles communes.

Les anciens sont en charge des besoins spirituels et politiques du clan. Les Nyama ont un roi sauvage, qui perçoit un tribut en échange du succès et de la prospérité. Les clans gouvernés par des anciens s’attendent à ce qu’ils leur apportent eux aussi succès et prospérité. Ceux qui gouvernent ont le droit d’expulser les sorciers et autres indésirables. La nécessité de maintenir une population importante pour protéger et nourrir la communauté empêche les chefs d’abuser de ce droit. Les règles sont généralement établies par consensus, c’est donc la pression du groupe qui permet de maintenir le contrôle de la société. Le conseil des anciens se retrouve généralement au pied d’un arbre spécifique. Les femmes âgées forment un cercle entourant les hommes. Elles ne s’adressent pas directement au conseil mais à des parents masculins qui relaient leurs commentaires ou problèmes aux membres du conseil. Elles possèdent leur propre conseil et soumettent les questions qui y sont discutées aux hommes, afin qu’ils puissent les examiner ensuite.

En cas de nécessité, notamment lorsque la coopération de plusieurs communautés est nécessaire, un chef est choisi par les anciens. Certaines tribus, notamment les Adja, maintiennent une lignée royale depuis la nuit des temps, bien qu’elle n’exerce que rarement un pouvoir réel. Le clan Nyama fait exception, conservant des ambitions impériales et est gouverné par un roi et des chefs subalternes.

Chefs Nyama

Les Nyama, contrairement aux autres clans d’Atlaia, ont un roi dominant. Il se considère comme le roi d’Atlaia et prétend que le royaume d’Atlaia sera bientôt unifié sous la puissance des Nyama. Les différents villages sont dirigés par un ancien. Le roi, et dans la même mesure les chefs de tribu, maintiennent le pouvoir en préservant la santé et la vigueur de la nation. Si celles-ci s’affaiblissent, le roi et les chefs inférieurs peuvent être déchus et remplacés. Le roi et les chefs des différentes tribus sont conseillés par les banang’oma, des membres de la famille royale. Ils s’assurent également d’avoir un guérisseur et un forgeron parmi leurs conseillers, pour montrer qu’ils sont en communication avec le monde des esprits. Le guérisseur représente la santé de la nation et le forgeron sa prospérité. Si le chef n’a pas les grâces des ancêtres et des esprits du feu, il ne peut pas rester au pouvoir.

Comme les autres clans, les Nyama ont été initiés à l’âge adulte, mais également à la gouvernance et à la royauté. En général, le chef de clan est le fils de l’une des filles du chef précédent. L’ordre de naissance n’a pas d’importance. Les banang’oma font leur choix après le décès d’un chef de clan. Ils n’annoncent jamais leur décision à l’avance, de sorte que les nouveaux chefs ne sont pas préparés pour cette fonction.

Lois

Les lois sont au mieux informelles en Atlaia. Les litiges au sein d’une même tribu sont souvent réglés par des concours de chants, chacun présentant sa version de l’histoire dans le spectacle. Les conflits entre clans sont un peu plus complexes et impliquent généralement une guerre.

Au sein d’une communauté, si le concours ne suffit pas, les anciens peuvent statuer et utiliser toute forme de sanction qui leur semble appropriée, comme des amendes, généralement payées en têtes de bétail, la pénitence, la réduction en esclavage, le passage à tabac, la mort et, la pire des punitions, l’exil. La mutilation n’est jamais employée en guise de châtiment, car cela constitue un affront à l’esprit de la personne, il vaut mieux la tuer que de la mutiler. Dans la plupart des cas, deux témoins masculins ou trois à cinq témoins féminins suffisent pour prouver un fait ou une cause. Un témoin féminin suffit en cas d’adultère et la victime seule en cas de viol. La corruption est assez courante.

Chez les Nyama, les chefs de communauté et les dirigeants sont autorisés à entendre des affaires de moindre importance, mais les cas de trahison sont généralement traités à la capitale, par le roi. La corruption y est aussi relativement fréquente.

En général, dans les cas de meurtre, la règle est celle d’une vie pour une vie. Si un homme en tue un autre, le clan qui subit la perte est autorisé à tuer le meurtrier. Si ce dernier ne peut être trouvé, l’un de ses proches pourra être exécuté. Cette règle ne fonctionne pas très bien si un homme tue quelqu’un de son propre clan et ne peut être retrouvé. Les membres de la famille de la victime doivent-ils prendre la vie d’un autre membre de leur propre famille ? Ainsi, le meurtre d’un membre de sa propre famille est considéré comme particulièrement horrible.

Traits géographiques majeurs

Des ébènes, des arbres au bois dur et noir si dense qu’ils ne peut pas flotter sur l’eau, poussent en abondance dans tout le Royaume d’Atlaia, en particulier dans sur le territoire des Chama.

Capitale et cités principales

Aucune cité n’est mentionnée dans les récits. La plupart des Atlaia vivent dans des villages primitifs. La seule ville approchant le niveau d’une capitale est la capitale du peuple Nyama, qui vit dans ce qui équivaut à une cité construite sur d’étranges ruines. Le roi des Nyama vit dans cette cité appelée Itinga.

Forêt tropicale Olu-Igbo

La forêt tropicale Olu-Igbo se trouve dans la partie sud-ouest de l’Atlaia. Elle est considérée comme un lieu hanté par tout les peuples, à l’exception des Mwezi, qui l’appellent leur maison. Des monstres lacustres, des vestiges très anciens et d’autres dangers se cachent dans cette jungle, qui s’étend bien au-delà des terres des Mwezi. Ceux qui s’aventurent dans cette jungle plus profondément que ne le recommandent les anciens rapportent d’étranges récits.

Lac Malagarasi

Le lac Malagarasi est une étendue d’eau extrêmement profonde, atteignant plus de 4 800 pieds à certains endroits, avec une profondeur moyenne d’environ 1 500 pieds. Il est situé dans le sud-est, dans la forêt tropicale Olu-Igbo.

Lac Mugasha

Le lac Mugasha, le plus grand lac des Royaumes Noirs, est situé sur un plateau dans la partie nord-ouest de l’Atlaia. Plus de trois mille îles sont réparties à sa surface et sa profondeur peut atteindre 300 pieds dans certaines zones.

Monts Ogun

Les Monts Ogun sont une grande chaîne scindant l’Atlaia du nord au sud. Leur étendue est riche en minerai de fer. Une vingtaine de leurs sommets sont volcaniques.

Ruines

Le paysage d’Atlaia est parsemé de nombreuses ruines d’anciennes cités. Ces vestiges ont été extrêmement abîmées par les intempéries et il ne reste que peu de structures dont plus d’un étage a subsisté. Les grands temples font exception, dotés de ziggourats massifs pouvant atteindre 300 pieds de haut. Les temples sont entourés d’un ensemble de sous-temples, d’écoles et d’autres structures anciennes.


Sources : JdR Conan Return to the Road of Kings​ – Faith and Fervour