Royaumes Noirs

La Côte Noire longe l’Océan de l’Ouest. La nuit, il est fréquent d’entendre des tambours parlants, des tam-tams qui émettent des messages codés, lorsque les tribus communiquent entre elles. Les royaumes au sud de Kush, du Darfar, de Keshan et de Punt sont dominés par des jungles luxuriantes, innommables et sombres.

La plupart des combattants ténébreux des Royaumes du sud sont grands et robustes. Ces peuples ont un caractère tribal, rappelant les grandes tribus africaines comme les Zoulous et les Bantous. D’autres, vivant dans les jungles les plus sombres et les plus profondes, sont légèrement plus petits que la moyenne font davantage penser aux différentes tribus pygmées congolaises. En raison des dangers de la jungle, les tribus des jungles les plus denses ont une démarche voûtée qui maintient leur centre de gravité relativement bas. Les membres des tribus du sud ne sont pas de grands grimpeurs, mais ceux de la jungle profonde font souvent exception à cette règle, au cas où ils devraient se précipiter dans un arbre pour échapper à un prédateur. La tribu cannibale Borana en fait partie.

Honneur

Comme Conan l’a observé dans La vallée des femmes perdues, « Ce qui serait la pire trahison dans une autre contrée, est ici synonyme de sagesse ». Les habitants des Royaumes Noirs ne sont pas connus pour leur honneur. L’hospitalité n’est due qu’aux membres d’un même clan. Un serment n’est contraignant que s’il est fait à un membre du même clan ou de la même tribu.

Allégeance

La plupart des membres des tribus des Royaumes Noirs ont une allégeance primaire à leur roi tribal. Ensuite, ils font allégeance à un chef secondaire, par exemple un chef de guerre. Enfin, la troisième allégeance va au chef de leur clan ou à leur père.

Danse et chant

La danse est un élément essentiel de la vie des tribus des Royaumes Noirs. Tous les événements survenant au cours de la vie d’une personne ou d’un clan peuvent être symbolisés par une chorégraphie ou un pas de danse. Il existe entre autre des danses de chasse, guerrières, de marée le long de la côte et des danses de passage à l’âge adulte. Certains mouvements sont fougueux, d’autres ondulants, semblables au mouvement d’un serpent ou sont complexes et éprouvants. Les membres des tribus noires du Sud sont également prompts à chanter en toute occasion.

Langage des perles

L’artisanat de perles des indigènes de la Côte Noire et des tribus des Royaumes Noirs possède son propre langage symbolique, où chaque couleur et chaque forme de perle a une signification. Les femmes peuvent créer des objets artisanaux en perles qui contiennent des messages concernant les émotions, la richesse et l’environnement. De nombreuses jeunes filles créent des objets artisanaux en perles pour envoyer des messages à ceux qu’elles aiment. Un ensemble de perles disposées en collier peut indiquer à un être cher à quel point une jeune fille se sent forte, alors que des perles fixées sur sa coiffe pourraient signifier sa crainte d’une tribu voisine. Les perles peuvent servir à adresser des réprimandes ou des encouragements.

Coutumes tribales

Les membres de ces tribus sont généralement distants avec les étrangers, bien qu’ils soient accueillants. Leur enthousiasme et leur agitation sont flagrants. Ils accueillent la mort avec enthousiasme, la sachant inévitable et qu’ils l’infligeront et la subiront.

Lorsqu’un individu tend quelque chose à un autre, l’objet doit être tenu uniquement de la main droite. La paume gauche soutient l’avant-bras droit afin de garantir qu’aucune arme n’est dissimulée. Si deux tribus se rencontre au détour d’un chemin et qu’aucune partie n’attaque l’autre, les protagonistes se croiseront par la gauche, afin de laisser apparaître leurs armes.

On se sert la main pour se saluer, s’ensuit un croisement des pouces, puis une seconde poignée de main. On évite dans tous les cas un contact visuel exagéré, qui est perçu comme une confrontation ou une mise au défi.

Par tradition, les hommes sont considérés comme supérieurs. Les repas sont d’abord servis aux hommes, en fonction de leur statut social, puis, après que les hommes aient fini de manger, vient le tour des femmes, puis celui des enfants de sexe masculin, pour finir par les filles. Les femmes marcheront toujours derrière leurs maris. On ne s’assoit pas à même le sol, mais sur un morceau de peau ou sur un bouclier. Même la position assise dépend du statut social. Les hommes s’assoient à droite d’une hutte, ceux de haut statut social à l’arrière, les autres à l’avant.

Les femmes brassent la bière quotidiennement et refuser une bière revient à insulter la brasseuse. A l’inverse, se frotter l’estomac après en avoir bu est un compliment pour celle-ci.

Malgré la dangerosité de leur mode de vie, les barbares des jungles profondes ont une attitude insouciante, comme s’ils n’étaient pas inquiétés par ces dangers. En dépit de cette attitude, leur esprit est alerte. Dans la jungle, ils peuvent passer du rire au silence absolu en un clin d’œil et se figer dès qu’un danger est détecté. Ces sauvages ne provoquent jamais d’affrontement et préfèrent éviter le danger. Ils examinent toujours une situation sous tous les angles avant d’agir, mais lorsqu’ils passent à l’action, ils sont pleins d’assurance et de conviction.

Mode vestimentaire

Hommes

Les combattants des royaumes du Sud arborent des plumets blancs dans leur chevelure, mais s’encombrent rarement d’une armure. Ils sont souvent nus, mais leur nez, leurs oreilles ou leurs lèvres peuvent être ornés d’anneaux faits d’ivoire ou de métaux précieux. L’équipement typique d’un homme des Royaumes Noirs se compose comme sui : un bouclier en cuir de bœuf, des sandales, un tablier avant (isinene), un tablier arrière (ibeshu), des jambières et des brassards en poil de bœuf pour donner au corps un aspect plus massif (amashoba), six bracelets et une coiffe à plumes articulée autour d’une base rembourrée de fourrure (umqhele).

Les amashoba sont placés sur le haut des bras et juste sous les genoux. L’isinene couvre les parties génitales masculines et est fait de petites pièces de peau, de queues de singe ou de cuir cousu. L’ibeshu, fait de peau de veau et de queues de singe est porté jusqu’aux genoux par les plus jeunes et aux chevilles par les aînés. La combinaison de l’isinene et de l’ibeshu est appelée umutsha. Les hommes mariés portent un bandeau appelé isicoco. Les guerriers de renom peuvent porter un ingxotha, qui est un lourd brassard en laiton donné par le roi en récompense d’une bravoure impressionnante au combat. Le roi peut également récompenser les guerriers courageux avec un iziqu, collier fait d’entrelacs de perles de bois représentant des vertèbres. Certains guerriers particulièrement courageux peuvent arborer plusieurs iziqu.

De nombreux guerriers portent des coiffes (imiiqhele) munies de protège-oreilles (amabheqe) en peau de singe afin de ne pas entendre les suppliques des ennemis condamnés. Les guerriers célibataires parent leur umqhele de longues plumes noires reliées à des piquants de porc-épic mélangés à des plumes d’autruche plus longues. Les guerriers de rang supérieur portent une plume bleue à l’avant de leur umqhele, ou une de chaque côté. Les guerriers de très haut rang portent des plumes vertes ou noir verdâtre et des plumes cramoisies et violet métallisé sur leurs coiffes.

Les hommes ne sont pas autorisés à porter le moindre bout de peau de léopard avant d’avoir tué au moins dix ennemis au combat. Souvent, le premier vêtement en peau de léopard porté par un guerrier, s’il est marié, est un bandeau. Plus tard, lorsque ses exploits deviennent plus impressionnants, il peut ajouter des peaux de léopard à son isinene ou à son ibeshu. Seul un roi pourrait revêtir un karossor et un injoba en peau de léopard. Un kaross est une cape raffinée en fourrure d’animal. Un injoba est une longue peau d’animal portée au niveau des hanches, beaucoup sont faites en peau de singe.

Les guerriers de bas rang ont des boucliers entièrement noirs ou à prédominance noire. Plus le guerrier gagne en prestige, plus son bouclier peut contenir du blanc. Les combattants sauvages de haut niveau et de grande renommée sont généralement appelés Sidlodlo Sekhandla, la fierté du peuple, et ont droit à des boucliers en peau de bœuf parfaitement blanche.

Femmes

Les femmes s’habillent de manière très légère, ne portant parfois rien de plus qu’un morceau de soie torsadé autour des hanches. D’autres se contentent d’un pagne court en fibres. Les jeunes filles célibataires ne se couvrent pas la poitrine. Elles embellissent souvent leur pagne avec des perles.

Une fille fiancée porte plus de perles et se couvre la poitrine. Une femme mariée couvre tout son corps. Elle porte une isidwaba, qui est une jupe épaisse et plissée en cuir de vachette adoucie à la main et traitée avec de la graisse animale et du charbon de bois. Une jeune mariée peut décorer son isidwaba avec des perles, mais les matrones plus âgées le portent généralement seul. Par-dessus cette jupe, les femmes peuvent porter une jupe en perles ou en tissu. Elles peuvent porter un haut fortement décoré de perles, communiquant un message que seul leur mari peut comprendre.

Les femmes portent un large chapeau en fibres, en coton, en paille et en perles qui est cousu dans les cheveux, appelé isicholo. Ce chapeau dure quelques mois avant de devoir être refait. Certains ont un diamètre impressionnant de trois pieds, mais la plupart ne sont pas aussi grands.

Habillage pygmée

Quand elles sont dans leur environnement naturel, les tribus pygmées de la jungle profonde sont nues. Au mieux, les pygmées portent un pagne lorsqu’ils se rendent dans un village ou une cité pour faire du commerce. Bien qu’ils ne portent pas de vêtements, ils ne sont pas dépourvus d’ornements. Les sauvages de la jungle dense arborent des atours qui font sursauter ceux qui ne les ont jamais rencontrés auparavant. Parmi ces bijoux, on trouve notamment de grands bouchons dans les lobes d’oreille ou les lèvres, des os insérés dans différentes parties du visage ou une scarification importante du visage. Ils indiquent le statut au sein de la tribu. Les enfants ne sont pas décorés ou ornés avant leur majorité.

Rôle des genres

Hommes

Les hommes sont chargés de la chasse, de combattre, de s’occuper des visiteurs, de prendre des décisions, et possèdent la hutte et tous les biens de la famille, y compris les troupeaux. Ils peuvent conclure des accords contraignants. Les hommes fabriquent également des outils en bois pendant leur temps libre.

Femmes

Les femmes sont soumises aux hommes dans presque tous les domaines. Elles accomplissent pratiquement tous les travaux, y compris la collecte du bois dans la forêt, la cuisson des aliments pour la famille, la corvée d’eau, la garde des enfants, les travaux agricoles, la fabrication d’outils et de marmites, le brassage de la bière, les soins aux personnes âgées et aux infirmes. Si les tâches ménagères éloignent les femmes du village, comme c’est souvent le cas pour le ramassage du bois, elles se déplacent en petits groupes pour avoir de la compagnie et de la protection. Les femmes ne peuvent pas conclure d’accords contraignants, ni posséder de huttes ou d’autres biens, ni recevoir de visiteurs par elles-mêmes. Celles qui possèdent du bétail n’en sont pas techniquement propriétaires. Elles le gardent en dépôt pour que leurs fils puissent en hériter.

Enfants

Les enfants sont élevés par leurs mères et on leur apprend à respecter leurs aînés. On leur interdit de parler à moins de leur adresser la parole. Il existe habituellement une distance émotionnelle considérable entre un père et ses enfants.

Les garçons grandissent en s’occupant des troupeaux de la famille. Ils quittent la maison tôt chaque matin. Ils reviennent plus tard pour la traite des vaches et pour le repas, puis ils retournent avec le troupeau dans l’après-midi. Les garçons se livrent souvent à des combats de bâton alors qu’ils se préparent à entrer dans les amabutho (régiments). Lorsqu’ils ont 15 ans, leurs pères leur donnent leur première lance et les chargent de porter l’équipement de leurs frères aînés vers et depuis les kraals militaires.

La première corvée des filles consiste à porter de l’eau avec de petites courges. Les mères tressent des supports dans les cheveux de leurs filles pour qu’elles apprennent à porter ces gourdes sur leur tête. On enseigne ensuite aux filles comment ensemencer et récolter. À l’âge de onze ans, une fille a sa propre houe, sait allumer un feu, surveiller les petits enfants et faire la cuisine.

S’il existe peu de liens entre un père et ses enfants, les frères et sœurs ont souvent des liens étroits et solides.

Amour et mariage

Les tribus des Royaumes Noirs ne sont pas très indulgentes à l’égard des relations sexuelles avant le mariage et encore moins à celui des enfants nés avant le mariage. Les jeunes pratiquent le uku-hlobonga, une forme de sexualité sans pénétration. Si une pénétration a lieu, le jeune homme doit payer une vache au père de la fille. Si une grossesse se produit, la fille est ostracisée et le garçon ou l’homme essuiera la majeure partie de la punition.

Les hommes se marient généralement à un âge assez avancé, en servant d’abord comme combattants pendant de nombreuses années. Les femmes se marient généralement jeunes. Un homme ne pourra pas se marier avant que ses sœurs ne le soient toutes. Les mariages sont généralement arrangés entre deux kraals différents, dans le cadre du maintien de la paix, bien que l’amour prévale parfois et que deux personnes puissent décider de se marier indépendamment de tout arrangement pris par le chef. Si deux personnes décident de se marier, l’homme fait sa demande. Une jeune femme confiera un ensemble de perles de fiançailles à son futur époux, comme preuve de son acceptation. Le futur marié doit alors payer la dot, qui est généralement d’environ onze têtes de bétail. En cas de problème ultérieur, le père de la mariée peut devoir rembourser tout ou partie du bétail.

Les tribus des Royaumes Noirs pratiquent la polygamie. La première épouse aide généralement son mari à trouver des épouses supplémentaires, car chacune d’elles réduit sa charge de travail globale et améliore le statut social de son mari. En outre, si l’homme peut se permettre d’avoir plus d’une femme, il est considéré comme riche. Chaque femme reçoit sa propre hutte et ses propres champs. La première femme détient le plus de pouvoir dans le ménage et sa hutte est la plus proche de celle de la mère de son mari. La grand-mère est une figure de pouvoir dans tous les kraals.

Structure sociale

Le statut social dépend majoritairement du système de classes d’âge. Au sein d’une classe d’âge, la position sociale est déterminée par les décorations militaires et éventuellement même par l’état civil. Les classes d’âge sont énumérées ici.

Udibi

Ce sont des porteurs. Certains entrent dans cette classe d’âge dès six ans, mais la plupart ont entre 8 et 12 ans. Ils servent leur père et leurs frères aînés comme serviteurs lors de campagnes militaires. Ils conduisent le bétail derrière les régiments et transportent des provisions, des rations, des armes supplémentaires, des boucliers et des effets de couchage.

Amabutu

Ce sont des bergers et des ouvriers. Ce sont de jeunes hommes qui n’ont pas servi à la guerre. Ils sont autorisés à vivre dans des kraals militaires en tant que serviteurs. Ils sont généralement âgés de 8 à 14 ans.

Inkwebane

Il s’agit des cadets. Ils passent leur temps à s’entraîner et à combattre au bâton, on leur donne des boucliers entièrement noirs. Ils sont généralement âgés de 11 à 18 ans.

Insizwa

Ce sont de jeunse guerriers, généralement âgés de 14 à 24 ans. Les insizwa sont initiés dès l’âge des cadets lorsque de nouveaux régiments sont nécessaires. Leurs boucliers peuvent avoir quelques zones blanches, mais pas beaucoup.

Izimpohloare

Ce sont des guerriers expérimentés. Ils sont généralement âgés de 23 à 28 ans.

Umpakati

Il s’agit des guerriers vétérans, ils ont souvent environ 32 ans. Leurs boucliers sont pour la plupart blancs.

Imhlope

Ce sont des subalternes plus âgés. Ils sont généralement mariés. Les plus jeunes ont environ 40 ans. Leurs boucliers sont souvent entièrement blancs. À ce stade, à moins d’être appelés à conseiller un chef ou un roi, ils s’installent dans un kraal et élèvent une famille.

Ikhehla

Il s’agit des aînés. Peu survivent pour atteindre cette tranche d’âge.

Mobilité sociale

Dans les Royaumes Noirs, la mobilité sociale est une question d’attentisme. Quand un individu change de classe d’âge, il évolue au même rythme que les autres membres de cette classe. Des cérémonies d’initiation à la prochaine classe d’âge ont lieu tous les deux ou trois ans. Le mariage est également un indicateur de statut social. Les régions les plus militarisées interdisent le mariage tant que le roi n’a pas autorisé toute une classe d’âge à se marier, ce qui donne souvent lieu à une cérémonie de masse, lorsqu’un groupe de guerriers se retire en vieillissant. Dans les autres régions, les combattants sont autorisés à se marier et les cérémonies ont lieu selon leur bon vouloir ou quand le chef de chaque kraal le dicte.

Kraal

Les tribus des Royaumes Noirs vivent dans des kraals, faits de deux palissades concentriques construites à partir de troncs taillés en pointe placés en légère pente. Le cercle intérieur est destiné au bétail. Les veaux sont souvent placés dans un enclos plus petit dans le cercle intérieur. Les huttes sont construites entre les palissades intérieures et extérieures. L’entrée principale se trouve à l’extrémité inférieure de la pente douce sur laquelle le kraal est construit. Le kraal est construit sur une pente de sorte que l’eau de pluie le nettoie et que les ennemis soient obligés de se battre en contrebas. Dans la plupart des kraals se trouve un tas de pierres appelé isivivane, signe de respect pour les esprits de la nature locale.

Certaines huttes sont petites et construites sur pilotis. Ces huttes sont des unités de stockage ou sont utilisées comme tours de guet. L’une d’entre elles est généralement située près de l’entrée principale et si, par exemple, l’entrée principale est orientée plein sud, d’autres huttes de tour de guet seront positionnées au nord-ouest et au nord-est.

En face de l’entrée principale se trouve la plus grande hutte. Elle appartient à la mère du chef, qui exerce un grand pouvoir dans la famille. À droite de la hutte de la mère du chef se trouve la hutte du chef. À gauche, on trouve la hutte de la première femme du chef. Elle est entourée de celles de la deuxième et de la troisième épouse. Le modèle se poursuit si le chef a plus de trois compagnes. D’autres huttes sont construites pour tous ceux qui pourraient vivre dans le kraal, comme les fils qui se marient, les jeunes frères du chef et leurs familles.

Une hutte pour les filles non mariées est construite à gauche de l’entrée principale, une autre, pour les jeunes hommes célibataires, à droite. Les fils aînés doivent surveiller l’entrée à toute heure du jour et de la nuit. Ils décident de refuser ou de faire entrer les visiteurs, généralement en suivant les instructions. Ceux qui sont autorisés à entrer écoutent alors leur escorte chanter les louanges du chef, alors que celui-ci observe leur réaction. Ainsi, les fils aînés font connaissance avec ceux qui rendent visite à leur père et apprennent comment les différents visiteurs sont traités en prévision du moment où ils deviendront chef.

Les kraals sont déplacés tous les vingt ans, car les méthodes d’agriculture sur brûlis pratiquées par la communauté appauvrissent le sol.

Huttes

Les tribus des Royaumes Noirs vivent dans des huttes en forme de ruche construites selon un modèle traditionnel. Les hommes utilisent une série de bâtons pour former un cercle sur le sol, autour d’un tronc d’arbre central. Les femmes tressent des roseaux fendus et des fibres, qu’elles utilisent comme matériau pour le chaume de la hutte. Les portes étant toujours basses, les ennemis doivent se replier avant d’entrer. Les sols sont constitués d’un épais mélange de fumier et de termitière. Cette mixture devient dur comme de la roche en séchant et peut être poli comme un miroir. Un foyer surélevé dans le même matériau est construit près de la colonne centrale. La fumée du foyer passe à travers le chaume, ce qui maintient la hutte fumigée. Il y fait chaud en hiver et frais en été.

Habitat pygmée

Les tribus pygmées des régions de la jungle centrale ne construisent pas de kraals ou de huttes. Leur habitation est faite de bois et de feuillages, ou de briques de boue durcies par le soleil.

Commerce et économie

Les tribus de la Côte Noire entretiennent des relations constantes avec les marchands stygiens et d’autres marchands étrangers. Ces contacts prennent souvent la forme de raids et d’actes de piraterie, mais certains contacts sont pacifiques. Les habitants de la Côte Noire ont accès aux armes des Hyboriens, mais celles-ci sont coûteuses et rares sont ceux ayant été formés à leur maniement. Les navires côtiers de Stygie, Shem, Argos et Zingara naviguent dans ces eaux et font régulièrement du commerce avec les tribus locales. La Stygie est le principal acteur commercial sur ces eaux et tente souvent de bloquer les autres types d’échanges.

Le bétail constitue un indicateur de richesse dans les Royaumes du Sud. Les hommes accordent probablement plus d’attention à leurs troupeaux qu’à leurs femmes.

Armée

Dans ces contrées, la puissance est synonyme de performances guerrières ou d’innovation stratégique. L’arme principale de ces tribus est la lance. Une massue est généralement portée comme arme de secours. Le combat traditionnel consiste à charger l’ennemi avec un bouclier en peau de bœuf, à verrouiller celui-ci avec un bouclier ou une arme ennemie, à écarter l’arme ou le bouclier de l’ennemi avec le bouclier, puis à poignarder l’ennemi dans les côtes ou le ventre avec une lance courte. La lance est plébiscitée au combat, plutôt que l’arc et les flèches, considérés comme l’arme du lâche, ne permettant pas à l’adversaire d’avoir une chance de combattre, de s’honorer et de se glorifier.

Les démonstrations rituelles d’agression sont souvent utilisées pour intimider un adversaire au lieu de provoquer une guerre totale, car la plupart des tribus sont trop petites pour survivre si elles subissent de lourdes pertes. De plus, la danse est un élément important de la vie quotidienne dans les Royaumes Noirs et fait partie de l’entraînement militaire.

Les régiments sont connus sous le nom d’amabutho. Ils sont commandés par un induna. Les induna sont des commandants militaires. Leur grade réel par rapport aux autres induna dépend de leur groupe d’âge et du nombre de décorations personnelles qu’ils ont reçues pour leur bravoure au combat.

Les forces armées des régions de la jungle profonde sont encore moins développés. Ils utilisent le plus souvent des fléchettes empoisonnées, soufflées à l’aide d’une sarbacane. Ils attaquent généralement en embuscade et attendent que leur proie succombe au poison avant de se montrer.

Croyances des Royaumes Noirs du sud

Pour plus de détails, se référer à la page consacrée aux dieux des Royaumes Noirs

Le long de la Côte Noire

Le long de la Côte Noire, les natifs se livrent à d’obscures pratiques religieuses centrées sur d’horribles esprits et dieux connus sous le nom de nkisi, loa ou baka, en fonction des tribus et des religions. Ces divinités mineures sont des personnages pittoresques, qui gèrent les émotions et les traits humains. Les rituels sont exécutés dans des langues secrètes connues uniquement des prêtres. La croyance en l’efficacité des sacrifices est au cœur de la religion. Ce culte revêt également des aspects de vénération ancestrale.

Les prêtres et chamans de la Côte Noire sont appelés ngangas. La plupart d’entre eux se consacrent aux sorts et aux rites qui nécessitent des liens magiques. Les fétiches et les tambours jouent un rôle important dans les activités des ngangas. Ils se parent de plumes, de cloches et de peaux de serpent.

Dans les Royaumes Noirs du Sud

Comme dans le reste des Royaumes Noirs, les tribus du sud croient en un dieu créateur qui ne se donne pas la peine de s’occuper de la vie quotidienne des humains. Ce dieu, source de toute chose, est appelé nkulu, mais le nom peut varier d’une tribu à l’autre La plupart des tribus du sud du Royaume noir croient en un dieu créateur indifférent qui est la Source de toutes choses. Cette source est souvent appelée nkulu, mais le nom peut varier d’une tribu à l’autre. Pour interagir avec lui, les membres de la tribu doivent faire appel au monde des esprits (unkulunkulu), par l’intermédiaire de leurs ancêtres, les amadlozi. L’amadlozi ne peut être atteint que par la divination. Il faut se souvenir des amadlozi et les louer constamment, de peur qu’ils ne se sentent oubliés, et qu’ils ne fassent alors connaître leur présence à travers des problèmes et la malchance.

En outre, les Royaumes Noirs du sud ont une vision animiste du Monde. Les esprits existent au sein des animaux, des forêts, des grottes et des objets. Ces esprits peuvent avoir des noms, tels que Jhil ou Ajuju. La plupart des kraals et des villages ont un tas de pierres appelé isivivane pour montrer le respect aux esprits locaux. Pour l’ériger, les membres de la tribu ramassent des pierres avec leur pied gauche, les prennent dans leur main droite et les placent dans le tas avant de partir en expédition. La foudre est considérée comme extrêmement sacrée, un instrument direct des esprits. Personne ne peut utiliser un arbre frappé par la foudre, manger un animal tué par elle ou pleurer une personne tuée par sa puissance. Les esprits ont décrété leur mort ou leur destruction et personne ne contestera le droit des esprits à cet égard. La chose frappée avait évidemment subi la colère des esprits et méritait donc son sort.

Les sorciers et les sorcières des Royaumes Noirs du sud sont connus sous le nom de chamans, isangoma (femme) ou inyanga (homme). Les isangoma communient avec les esprits des ancêtres. Les inyanga sont des herboristes, pratiquant la magie de la flore et de la faune. Les chamans sont généralement des sorciers ou des prêtres de dieux obscurs comme Jhil et Ajujo. La sorcellerie est condamnée dans tout le sud des Royaumes Noirs, à moins d’être un isangoma ou un inyanga. Quiconque est reconnu comme sorcier sans être membre du clergé sera torturé et tué.

Gouvernement tribal

Le titre de chef ou de roi désigne aussi bien le chef d’un village qu’un roi divin de plusieurs clans. Souvent, le chef d’un Royaume Noir est le guerrier qui possède les ressources et les armées les plus considérables. Dans la plupart des cas, un chef héréditaire occupe une position ritualisée, simple expression d’une autorité symbolique. Le symbolisme est cependant important et son autorité est approuvée par les tribus car il est considéré comme une preuve vivante des faveurs divines accordées au clan. Le chef héréditaire est au centre d’innombrables rituels. Le titre passe rarement d’un chef à son héritier choisi. Un conseil des anciens choisit un nouveau chef parmi tous les enfants mâles du chef. Le chef de clan héréditaire est responsable de la prospérité rituelle du clan.

L’inkosi est le chef de tribu. Il est considéré par son peuple comme une figure paternelle et est la source de leur richesse, le symbole spirituel de leur tribu et l’homme qui détermine le destin de son peuple. Pour un guerrier, mourir au service de l’inkosi est le paroxysme de la gloire. Un inkosi potentiel doit d’abord faire ses preuves en tant que guerrier avant d’être reconnu comme l’héritier du trône de son peuple. L’inkosi est conseillé par un conseil de chefs, des anciens du clan qui doivent vivre au kraal de l’inkosi pendant un certain temps en tant que conseillers. Des soldats de haut rang (isikhulu) font également partie de ce conseil.

L’inkosi est entouré de chefs de kraals et de chefs de famille. L’un d’eux est chargé de régler les litiges. Tout différend qu’il ne peut résoudre est tranché par l’inkosi tribal. Si un chef faillit à l’inkosi, lui et tous les siens sont mis à mort. Un chef qui est perçu comme faible, lâche ou stupide sera probablement tué par sa propre progéniture pour éviter qu’il ne commette une erreur qui entraînerait la perte de tout un clan. Si une famille est trop grande pour un kraal, le chef le plus âgé est choisi comme umnumzani, ou maître. Ceux-ci vivent généralement au kraal de l’inkosi.

Traits géographiques majeurs

La Côte Noire est principalement recouverte de jungle. Au-delà, la région est essentiellement sauvage et largement inexplorée. Jungles, steppes, forêts et plus encore attendent ceux qui dépassent les hêtres et se dirigent vers le cœur sombre des Royaumes Noirs.

Afu

C’est une rivière qui s’écoule au Sud de Kush.

Côte d’Os

La Côte d’Os est un littoral formé de rochers blancs et dentelés, qui se trouve à six jours au sud de la Rivière Zarkheba. Le peuple cannibale Borana vit non loin.

Fleuve Vert

C’est un fleuve à faible courant de la Côte Noire, qui déverse de vastes quantités d’écume verte dans l’Océan de l’Ouest, au large de la Côte d’Os. L’eau grouille de maladies de la jungle. On peut trouver de l’eau douce, propre et fraîche à une heure en amont, qui s’écoule de collines. Ce cours d’eau abrite des crocodiles et des hippopotames. Après trois jours de marche en direction de l’intérieur des terres, on arrive à la Chute des Géants, une belle chute d’eau provenant d’un escarpement.

Fleuve Zarkheba

C’est un cours d’eau venimeux qui se jette dans l’océan, un fleuve de la mort. Ses rives sont des remparts mystérieux cachés dans la jungle. En amont, à une certaine distance, se trouve une cité aux tours géantes et aux murs extraordinaires. Aucun crocodile, oiseau ou bête à quatre pattes d’aucune sorte ne peuple la rivière ou ses environs, on y trouve uniquement des reptiles venimeux. Les ruines de la Cité des Ailes se trouvent le long du fleuve.

Grande Savane

La Grande Savane se trouve au sud des jungles, au cœur des Royaumes Noirs du sud.

Monts Jukala

Les Monts Jukala sont un massif constitué de montagnes et de volcans, situé au sud de Keshan. Les sommets enneigés et les glaciers fournissent des eaux de ruissellement qui se déversent dans le Styx. Les sources d’eau chaude et d’autres preuves d’activité volcanique y sont communes. Le rare lotus argenté pousse sur les flancs de ces montagnes.

Vallée des Femmes Perdues

Il s’agit d’une large vallée méridionale, parsemée de fleurs blanches et d’arbres majestueux aux frondaisons ondulantes. Les peuples noirs parlent de cette région avec méfiance. La race à la peau brune qui vivait ici avant les Bakalahs y envoyaient les jeunes femmes, qui étaient transformées en fleurs blanches pour échapper aux noirs voraces. Les indigènes ne veulent pas y aller. Les versants de la vallée sont si peu prononcés que l’on risque d’arriver au fond de celle-ci sans même s’en rendre compte.

Rivière Watambi

C’est le premier grand cours d’eau au sud de la Rivière Zarkheba. Elle abrite également les Chevaucheurs de dragons, une tribu légendaire qui est réputée parcourir la rivière sur le dos des crocodiles.

Rivière Zikamba

La Zikamba se trouve sur la Côte Noire, directement à l’est de l’Île sans nom. C’est une petite rivière lente aux larges berges, bordées de grands palmiers élancés et d’épais sous-bois.

Principaux villages et tribus

Abombi

Abombi est une ville de la Côte Noire qui fait l’objet de rafles par Bêlit. Elle est réputée être bâtie sur les ruines de la cité d’une race ancienne.

Bakalah et Bamulas

Les Bakalah sont une tribu sauvage qui vit juste au sud des frontières de Kush. Ils attaquent régulièrement les pilleurs kushites, les raflant à leur tour après leur incursion en Stygie. Les Bamulas, une autre tribu guerrière de la région, vivent non loin, juste au sud de Kush. Les outils et les équipements sont faits de bambou, de pierre, d’ivoire, d’or ou de bronze. Ils se nourrissent de viande fumée, d’ignames grillées, de maïs et de pain. Ils boivent un genre de bière. Leurs villages, qui sont protégés par des bomas, sont des ensembles de huttes au toit de chaume reliées par des nattes en bambou. Ils utilisent des défenses d’éléphant ainsi que des tambours dans leurs cérémonies et leur magie, ponctuées de chants gutturaux et de danses frénétiques. Leurs victimes, si elles ne sont pas sacrifiées par leurs chamans, sont données en pâture aux animaux sauvages.

Fashoda

Les Fashoda sont une tribu vivant dans la savane et dont la vie et la religion reposent sur le bétail. Ils vivent dans la grande savane au sud des jungles. C’est un peuple assez homogène, ce qui signifie qu’ils se marient et se reproduisent au sein de leur propre tribu. Plus leur statut social est élevé, plus ils sont vêtus et moins ils portent d’ornements. Les poissons sont des abominations pour les Fashoda et il n’en mangent jamais.

Jihiji

Les Jihiji sont une autre tribu installée au sud de Kush, probablement près des Bamula et des Bakalah. Ils ont conclu une trêve avec les Bakalah et sont un peuple puissant. Les Bakalah ne pourraient pas les vaincre à eux seuls.

Kchaka

Les Kchaka sont une tribu vivant au sud des Royaumes Noirs, près du Zembabwei. Les Zembabwéens sont apparentés à cette tribu.

Kulalo

Kulalo est le village royal, situé sur la Côte Noire. Plusieurs tribus alliées de la région y vivent, donnant à ce village la taille d’un véritable royaume. Les habitants de Kulalo estiment judicieux de prêter leurs femmes à des étrangers sympathiques, bien qu’ils espèrent obtenir un cadeau en retour. A la faveur de la chaleur de la jungle, les femmes sont nues, à l’exception de quelques perles et bracelets. Les hommes brandissent des lances et des poignards (assegai) et se parent de pagnes en peau de léopard et de coiffes à plumes. Ils vénèrent Damballah, un dieu créateur.

Kungada

Les Kungada sont une tribu du sud des Royaumes Noirs, installée à l’est du territoire des Bamula.

Matubis

C’est un grand village situé au nord du territoire de la tribu Watambi. Matubis est un village côtier, qui pratique un important commerce maritime.

Suba

Les Suba sont une tribu vivant au large de la Côte Noire. Ils ont des rapports cordiaux avec les Corsaires Noirs. Il se dit que Bêlit aurait vécu parmi eux pendant un temps.

Wadai

Il s’agit d’une tribu qui a la particularité de se couper les cheveux très ras. Nombre de ses membres sont vendus comme esclaves et quelques-uns travaillent à Zamboula. Ils vivent dans les jungles situées au sud-ouest du Zembabwei.

Watambi

Les Watambi, installés au sud de Matubis, sont une tribu de la Côte Noire. Ils vivent sur les rives de la Rivière Watambi. Ils ont donné offert de l’ivoire à Bêlit pour avoir la vie sauve.

Zumba

Les Zumba sont une tribu vivant dans la Grande Savane, qui se trouve avant d’atteindre les montagnes. C’est un peuple de cultivateurs et d’éleveurs de bétail. Les Zumba et les Fashoda prennent pour cible leur cheptel respectif.


Source : JdR Conan Return to the Road of Kings